Le Mantrailing

Et les pourquoi-ci ? Pourquoi ça ?

 

En Mantrailing, il faut savoir rester humble. Il faut accepter de ne pas pouvoir tout comprendre, ne pas pouvoir tout expliquer.

Nous ne sommes que des humains. Il nous est impossible de savoir pourquoi son compagnon fait ceci ou cela, nous ne sommes pas des chiens. Nous ne pouvons apporter qu’une « réponse humaine ».

Le chien, vivant si proche de nous au quotidien, n’a pas le même raisonnement, pas le même ressenti, pas les mêmes besoins et surtout pas les mêmes priorités que nous. On dit souvent « tel maître, tel chien ». En effet, beaucoup de leur comportement peuvent se rapprocher de leur maître. L’humain qui n’est pas du matin aura un chien qui se lève aussi tard, l’humain avec une vie sociale active aura un chien content et heureux avec tous les humains, entre autres. Attention, ces derniers ne sont que des exemples et ils ne s’appliquent pas à tous les binômes, bien entendu.

C’est là que notre chien nous connaît bien mieux que nous-même, car lui utilise ses sens pour nous « lire » : 

  • La vue avec nos postures,
  • L’ouïe avec les intonations de notre voix,
  • L’odorat avec nos particules odorantes qui changent selon notre humeur (stress, joie, peur …),
  • Le toucher avec les caresses (main légère ou appuyée)
  • Le goût avec notre sueur quand il nous lèche (même sur les mains).

C’est pourquoi en Mantrailing, on va apprendre à utiliser :

  • Notre vue pour étudier chaque posture, chaque micromouvement des épaules ou de la tête, ou encore du fouet de la queue.
  • Notre ouïe pour entendre lorsque le chien se met à pleurer ou à aboyer et lorsque son intonation est différente.
  • Notre toucher avec la tension quele chien va mettre, ou non, dans la longe,
  • Notre goût avec les odeurs « parasites » (de barbecue, de boulangerie …) qui peuvent attirer notre chien.

On pourra, quelques fois, avoir une réponse aux questions que l’on se pose : par exemple, lorsque le chien fonce dans une rue, qu’il est très motivé, alors que c’est l’inverse de la piste, il peut y avoir bol de pâtée pour chats caché.

Aussi, une piste après avoir mangé peut-être moins réussie que celle du matin. Effectivement, l’humain en pleine digestion est moins concentré. A l’inverse, la piste peut être meilleure car l’humain est plus détendu et il laisse son chien travailler.

Parfois, le chien descend une route contraire à la piste, va au bord de l’eau, longe les haies, traverse du côté de l’ombre, rentre dans un pavillon, reste de longues secondes à la porte d’une église et nous pouvons l’expliquer avec notre expérience des pistes, mais peut-être y a-t-il également une autre explication.

Enfin, le mot à ne pas entendre lors d’une piste est « perdu ». Non le chien n’est pas perdu, il n’a pas oublié l’odeur ! C’est une définition humaine simpliste pour expliquer un comportement que l’on ne comprend pas, qui nous mets le doute, et tout cela, comme dit précédemment, on le transmet ou chien, ce qui aggrave la situation.

À tout vouloir savoir, on extrapole nos propres faiblesses, on rejette nos échecs « il a mal bossé ». Le Mantrailing c’est savoir se remettre en question en permanence, être motivé sur chaque piste, croire en son chien et lui faire confiance. Ce n’est pas vouloir tout analyser.

Au bout d’un certain nombre de pistes, le plus merveilleux à vivre, c’est le chien qui, à un croisement de rue, continue tout droit comme un « bourrin ». Et là, à l’intérieur de nous, petit humain, on ressent que c’est à droite, pourquoi ? Impossible à dire … A ce moment-là, soit on met un peu de tension dans la longe, le chien le ressent, se relève, analyse et prend la rue de droite, soit on laisse son chien et au bout de 50 m il se relève, fait demi-tour et va prendre à droite.

Est-ce à force de faire des pistes en Mantrailing que le micro signal est détecté par notre cerveau ? Ou alors l’osmose est telle, que l’on ressent tout de son chien ?
Voilà encore une question qui nous concerne, nous humains, à laquelle nous n’avons pas de réponse : alors pourquoi vouloir tout expliquer ?